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Elis Bond, le chef qui sublime la gastronomie africaine

Dans son restaurant gastronomique du 9ème arrondissement de Paris, le chef Elis Bond mêle les cultures culinaires. Aubergines du Togo, champignons du Sénégal ou encore poivre du Cameroun, cet autodidacte revisite avec finesse la gastronomie africaine, souvent victime de clichés.

Mi Kwabo« soyez les bienvenus ! » en dialecte béninois. C’est le nom du restaurant d’Elis Bond, jeune chef autodidacte, et de Vanessa, son épouse. Lorsqu’on entre dans la salle – il faut traverser deux rideaux aux teintes ocres – le premier sens sollicité n’est pas celui de la vue, mais bien celui de l’odorat. Sur le feu, quelques champignons sont en train de rissoler dans une poêle. « Ce sont des champignons du Sénégal, mélangés avec des champignons qui viennent d’Argenteuil », précise Elis Bond. Ce soir, un menu unique en sept étapes autour de la gastronomie africaine, proposé à 75 euros. Le prix d’un « Voyage de rêve », selon la carte affichée sur la devanture du restaurant.

Sacré jeune talent par le Gault et Millau en 2019, Elis Bond travaille avec finesse les produits caribéens et africains. Lui est né à Cayenne, en Guyane, de parents haïtiens. Sa femme, elle, est Béninoise, avec des racines italiennes. Des origines variées qui l’inspirent et lui permettent de « raconter des histoires », à travers ses plats. «  Les clients ne viennent pas forcément que pour manger, ils viennent aussi vivre une expérience », explique le chef, tout en surveillant la cuisson de ses mets.

 

Autodidacte intuitif

Plus jeune, Elis se passionne pour l’art. Mais il abandonne rapidement, faute de moyens. « Je ne pouvais pas faire d’école de dessin, c’était trop loin de chez moi, affirme-t-il, je ne savais ni lire, ni écrire, le seul endroit où je m’épanouissais vraiment c’était la cuisine. » Dans les documentaires et les livres, il puise des inspirations et cherche des techniques pour améliorer sa cuisine. Mais surtout, il travaille. « Je bosse, je bosse, tous les jours, pour arriver à des plats aboutis », martèle-t-il.

Ce travail lui permet de lutter contre les clichés dont souffre souvent la cuisine africaine. « Si on demande à quelqu’un s’il aime les plats africains, la personne va dire qu’elle aime le mafé, le yassa, le thiéboudiène… mais il n’y a pas que ça ! », sourit Elis Bond. Mais il n’est pas le seul à s’inscrire dans cette démarche. Aujourd’hui, de plus en plus de chefs font de leur cuisine une référence dans le cercle fermé de la gastronomie, comme Mory Sacko, révélé au public lors de sa participation à Top Chef. « Je me bats pour que ces produits-là soient sublimés », conclut Elis Bond.

 

Crédits illustration : Judith Nicaud

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Journaliste spécialisée TV. Je suis l'une des quatre rédactrices en chef du projet.